La direction de Polytechnyl a annoncé, ce 10 mars 2025, un
projet de réorganisation majeur sur le site de Belle-Étoile,
avec 155 suppressions de postes et l’arrêt de certaines activités
amont (HMD et PA6.6 de base). Présenté comme une nécessité
pour « sauvegarder la compétitivité du site », ce plan est en réalité
la conséquence directe de choix stratégiques discutables qui ont
fragilisé l’entreprise depuis plusieurs années.
Conscients des risques, nous avons déclenché un droit d’alerte
économique le 11 décembre 2024, et le rapport d’expertise du
cabinet SECAFI, présenté le 7 mars 2025, a confirmé l’ampleur
des menaces pesant sur le site et les salariés tout en dénonçant
les responsabilités de l’actionnaire Domo Chemicals.
Cette situation n’est pas une surprise : elle avait été anticipée
et dénoncée depuis plus de cinq ans par la CFDT. Dès le projet
de vente de Polytechnyl à DOMO Chemicals (2019/2020), la
CFDT n’a cessé d’alerter sur les risques du projet
industriel porté par le nouvel actionnaire. Nous dénoncions dès
le début une stratégie purement financière, qui n’avait rien à
voir avec une ambition industrielle de long terme. Nous avons
alerté les autorités compétentes sur le fait que le projet de
reprise était bancal, que les investissements promis ne viendrait
jamais, que la taille de DOMO n’était pas suffisante et que le site
de Belle-Étoile risquait d’être dépouillé de ses capacités
productives.
Les faits nous donnent raison. Polytechnyl a subi une succession
de réorganisations destructrices, des suppressions de postes
récurrentes, un déclin organisé de l’outil de production, et
aujourd’hui, ce plan de casse industrielle.
L’annonce de ce Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) a été un
véritable choc pour les salariés. Si la baisse d’activité était
connue et vécue, jamais la direction n’a pris le temps d’expliquer
que des suppressions de postes de cette ampleur étaient
envisagées.
Cette situation soulève des inquiétudes profondes : Quelle sera
la viabilité du site après la suppression de ces 155 postes ? Quel
avenir pour les salariés restant après cette réorganisation et pour
les salariés licenciés (et leur famille) qui ont consacré parfois des
dizaines d’années au site ? Est-ce le premier PSE ou y’en aura-t-il
d’autres à moyen terme ?
La CFDT exige un dialogue social responsable et des engagements
clairs. La CFDT se mobilise pour défendre les droits des salariés et
limiter l’impact de cette restructuration. Nous revendiquons :
- Une négociation sérieuse pour limiter le nombre de suppressions
- de postes et maximiser les solutions de reclassement interne.
- Un PSE à la hauteur des enjeux, avec des mesures
- d’accompagnement renforcées pour ceux qui seraient contraints de
- quitter l’entreprise.
- Une transparence totale sur la stratégie industrielle de DOMO et
- des engagements clairs sur l’avenir du site de Belle-Étoile.
- Une intervention des pouvoirs publics, pour éviter un nouvel
affaiblissement de la filière chimique en France et exiger des
comptes à DOMO sur la gestion de Polytechnyl.
Nous attendons également des pouvoirs publics qu’ils jouent
leur rôle et exigent des explications précises de la part de DOMO
quant à la pérennité réelle de Polytechnyl.
Au-delà de Polytechnyl, c’est toute la chaîne de valeur des
polyamides en Europe qui est en danger. Belle-Étoile est un
maillon central, notamment à travers son lien avec Alsachimie,
son principal fournisseur d’acide adipique (AA), un intermédiaire
clé dans la production de polyamides. Rappelons que DOMO est
actionnaire à 49 % d’Alsachimie, et la pérennité de cette entité
est directement menacée par l’affaiblissement de Polytechnyl.
Une fermeture ou une réduction drastique de l’activité à Belle-
Étoile pourrait avoir un effet domino sur Alsachimie, mettant en
péril des centaines d’emplois supplémentaires et
compromettant l’indépendance industrielle européenne dans ce
secteur clé.
La CFDT reste mobilisée et aux côtés des salariés dans ce
moment difficile. L’avenir du site ne doit pas se décider sans
nous !
Face à cette situation, DOMO Chemicals doit assumer ses
responsabilités ! La CFDT sera aux côtés des salariés pour les
accompagner dans ce combat. Nous ne laisserons pas DOMO et
les autorités détourner le regard devant un démantèlement
industriel aux conséquences lourdes pour l’emploi et la
souveraineté industrielle.